Histoire du cinéma amateur

C’est avec l’invention du 8 mm par Kodak, en 1932, que le cinéma amateur devient une réalité concrète et que se produit, avant la guerre, une explosion du marché à l’échelle des consommateurs, qui se poursuit jusqu’aux années 70, comme ce fut le cas dans les années 80 pour l’entrée massive des petites caméras vidéo sur le marché.

Donc, aussi importantes que furent les innovations de la couleur, il est tout autant fascinant que l’on ait pu miniaturiser et rendre accessible la technique cinématographique, qui était alors si lourde et onéreuse dans son dispositif industriel.

Mais qu’en était-il donc de la couleur pour ces petits formats ?

Évidemment, il ne s’agissait pas d’introduire le système Technicolor dans ces caméras plus petites.

Néanmoins, les premiers films couleur en 16 mm fonctionnaient sur un principe similaire. Le Kodacolor 16 mm vit le jour en 1928. C’était un film couleur « lenticulaire additif », c’est-à-dire que la base du film utilisé était toujours le noir et blanc, mais un seul rouleau de pellicule avec différentes strates d’émulsion recevait les trois couleurs que séparait un filtre fixé sur une lentille spéciale.

On obtenait un film couleur en le projetant avec une lentille et un filtre analogues.

Cette technique ne fut pas très répandue, sans doute parce qu’elle était limitée à l’usage d’un équipement exclusif pour le tournage comme pour la projection.

Source: Kodak

ll y eut donc…

…outre le Technicolor et autres principes de division de la lumière sur des films noir et blanc, des recherches parallèles visant à élaborer des films qui seraient directement exposés et développés en couleurs.

Ainsi, en 1935, Kodak met au point le film Kodachrome, initialement offert en 16 mm, puis en 8 mm en 1936. Ce fut le premier film couleur commercialisé avec succès pour les cinéastes amateurs, ou pour des utilisations scientifiques et militaires, et le premier vrai film couleur ne nécessitant aucune lentille spéciale sur la caméra ou le projecteur.

Il s’agit d’un film inversible (se développant directement en positif, sans négatif), ce qui, pour les amateurs, présentait l’avantage de faire développer un film prêt à être projeté.

La plupart des images couleur de l’époque de la guerre sont du Kodachrome.

Le film a aussi survécu jusqu’à aujourd’hui

C’est la texture typique des films de famille en 8 et Super8 mm, une image contrastée avec des couleurs vives.

Néanmoins les images amateurs en 8 mm peuvent paraître parfois un peu floues, et à l’occasion les couleurs sont plus fades. C’est le cas pour certains films faisant partie du documentaire Les archives couleur oubliées. Cela tient souvent à la plus basse qualité des lentilles sur certaines caméras amateurs, et parfois à une conservation des films dans de mauvaises conditions. Il y a aussi une limite inhérente à la petite dimension de la pellicule elle-même.

Autrement, le Kodachrome donne une image très nette et des couleurs saturées. Les extraits en 16 mm sont tous quant à eux d’une clarté et d’une richesse saisissantes dans les documentaires sur la guerre. En Allemagne, le film inversible Agfacolor était une pellicule similaire au Kodachrome fabriqué aux Etats-Unis, et a permis aux troupes Nazis de filmer en couleurs. Aux Etats-Unis, dès l’engagement dans la guerre, le gouvernement a réquisitionné tous les films couleur du marché américain.

Des cinéastes amateurs ou professionnels ont continué de tourner du Kodachrome en Super8 mm (qui a été introduit en 1965 pour remplacer le 8 mm) justement pour la texture et la qualité incomparables de l’image. De plus, il est propre au celluloïd en général, mais particulièrement aux pellicules inversibles et au Kodachrome, de se conserver pendant très longtemps sans détérioration.