Meeting du Parti Communiste

Détails

Cinéaste : Anonyme
Date : 1934
Lieu : Friville-Escarbotin (80)
Coloration : Noir et blanc
Son : Muet
Format : 17,5 mm
Durée : 2’02

synopsis

« Un meeting d’unité d’action contre le fascisme ou du Front populaire se déroule devant une mairie, probablement à Friville-Escarbotin, dans le Vimeu, en terre communiste – comme le montre l’omniprésence des drapeaux du PCF, ornés ou surmontés de la faucille et du marteau – entre 1934 et 1936. Probablement à l’été 1934.

Le premier à prendre la parole est Victor Flamant (1898-1987). Ouvrier, militant communiste et syndicaliste, il est alors le leader du mouvement ouvrier dans la région de petite métallurgie du Vimeu, où il fut secrétaire du syndicat CGT-U de la Métallurgie dans les années 1920 et secrétaire de la cellule communiste de Friville-Escarbotin dans les années 1930. Il fut élu maire de Friville-Escarbotin en 1935.

Le deuxième orateur est probablement Maurice Delabie, industriel à Bouvaincourt-sur-Bresle : vice-président de la fédération de la Somme du Parti radical, il était alors conseiller général et député de la Somme (élu en 1932, réélu en 1936).

Le communiste Louis Prot lui succède à la tribune : figure pionnière du communisme picard, il fut maire de Longueau (1925-1940 ; 1945-1966) et député de la Somme (1936-1940 ; 1945-1958).

Le quatrième et dernier orateur est André Bernard dit Bernard-André, professeur à l’école primaire supérieur d’Amiens, l’un des dirigeants locaux de la Ligue des droits de l’Homme et de la fédération socialiste de la Somme jusqu’en 1933, date à laquelle il rejoignit le Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (scission « néo-socialiste »).

Le film est une parfaite illustration de la culture antifasciste qui fut un ciment d’union de la gauche française après les événements du 6 février 1934. Le rassemblement se termine en effet par un rituel de communion propre à affirmer une identité collective : le poing levé, aussi synonyme de dévouement et de combativité, accompagné du chant de l’Internationale, puis un défilé dans le plus grand calme, dans les rues de la commune, portes-drapeaux en tête du cortège. Avant qu’un dernier homme ne prenne la parole, on identifie clairement Max Lejeune, figure montante de la SFIO et futur député du Front populaire. Inscrit à la fédération de la Somme à partir de 1934 (il a alors 25 ans), il a fait ses classes militantes auprès de Marceau Pivert à la fédération de la Seine entre 1929 et 1934 et comme secrétaire-adjoint de la Fédération nationale des Étudiants socialistes (FNES) à la même époque, puis dès 1932 comme propagandiste dans la Somme, faisant apprécier ses qualités d’orateur à travers le département. »

Julien Cahon, historien